Dossier Intranet : Intégrer les TIC dans la gestion de la PME
Cas pratique de Athanase BUTU, Responsable Technique à l’Ecole Supérieure de Gestion d’Informatique et des Sciences (ESGIS), spécialisé en Technologies web.
Impulsion des PME: Quelle définition pouvez vous donner aux Technologies de l’Information et de la Communication? Mr Athanase BUTU: Les TIC pour ma part peuvent se définir comme l'ensemble des méthodes modernes de communication. Une communication surtout axée sur des critères de facilité d'accès et de rapidité d'accès.
I/PME : Nous constatons de plus en plus une tendance à l’introduction des TIC dans les milieux de travail, que nous soyons dans les structures publiques ou privées. Selon vous, pourquoi ce nouvel engouement pour les TIC?
A/B: Le monde des affaires est aujourd'hui est hautement concurrentiel. Pour atteindre leurs objectifs, les entreprises se livrent entre elles une véritable guerre sans merci et les différentes armes de cette guerre sont essentiellement la qualité du travail et la rapidité d'exécution. Et seules les TIC aujourd’hui offrent les outils nécessaires permettant de réaliser ces performances plus que jamais nécessaires dans le business moderne. C'est donc dire que pour répondre à la concurrence de plus en plus croissante, les entreprises sont obligées de s'aligner sur la nouvelle donne qu'est:"le traitement automatique de l'information".
I/PME : Lorsque l’on s’amuse à faire une petite comparaison du niveau d’intégration des TIC dans les pratiques quotidiennes entre le continent africain et les autres continents, on se rend compte de l’intensité de la fracture numérique. A quoi est due cette fracture? Et qu’est-ce que l’Afrique perd en conservant son niveau actuel? A/B: Cette fracture numérique constatée est liée à 3 raisons essentielles.
La première est le coût trop élevé du matériel informatique dû non seulement au fait que le continent africain ne produit rien mais consomme plutôt, mais aussi au niveau très peu reluisant des taxes fiscales sur le matériel informatique.
La deuxième est liée au niveau d'alphabétisation trop faible en Afrique et à l’insuffisance de volonté politique sur les questions relatives aux TIC.
Et enfin la troisième cause de cette fracture est au niveau de la culture africaine qui n'est pas favorable à l'évolution technologique. L’esprit de créativité et d'innovation manque cruellement à nos concepteurs. D’autre part, l'Afrique n’a pas suivi l'évolution normale des choses (en ce qui concerne le développement technologique). En Occident, des problèmes réels se sont posés auxquels des scientifiques ont apporté des solutions pour aboutir à ce que nous appelons aujourd'hui TIC. Ce qui n’est pas le cas du continent africain qui continue de jouer son hors game avec de timides initiatives au niveau national ou régional dans le domaine des TIC.
I/PME : L’intégration des TIC dans les entreprises est-elle aujourd’hui la solution pour combler ce fossé numérique entre les entreprises africaines et celles des autres continents? A/B: Je crois que oui. C'est même la voie par excellence! Car ce sont les entreprises qui créent la richesse d’un pays. Mais il va falloir pour y arriver une totale révolution dans les pratiques en entreprise assortie d’une volonté politique certaine. Pour que les gens soient capables de les utiliser comme outils de travail, il faudra qu’on les y ait préparé et bien formé à cet effet. Les pays qui l’ont compris ont su mettre en place des politiques adéquates de développement du secteur des TIC et ne le regrettent pas aujourd’hui. Bill Gates, le patron de MICROSOFT ne s’est pas hissé au sommet des plus fortunés du monde par hasard!
I/PME : On parlerait et cela se lit à travers vos propos d’une certaine corrélation entre l’introduction des TIC dans la PME et son développement. Etes-vous du même avis? Comment cela serait-il possible ? A/B: Je suis d'avis, mais je tiens à relativiser un peu les choses. A chaque entreprise, en fonction de ses activités et de leur volume correspondra, une solution TIC appropriée. Une petite PME de ventre de produits congelés n’aura pas besoin d’un ordinateur VIP avec des fonctionnalités hors pair.
L'utilisation d’une solution TIC devra incontestablement répondre à un véritable besoin d'automatisation en fonction du nombre très élevé des données à traiter par exemple. En résumé, il reviendra à chaque entreprise de situer et d’évaluer ses besoins en apport TIC en fonction de ses exigences présentes ou futures.
I/PME : Dîtes-nous quels sont les outils importants dont l’usage s’impose aujourd’hui à toute entreprise pour son développement. Et quelles sont les entreprises qui incontestablement ne peuvent se pas passer pour leur développement ? A/B: Je parlerai de l'Internet, des logiciels, il y en a aujourd’hui dans presque tous les domaines de la gestion, des cellulaires, des newsletters, des short message service (SMS), de la télévision. Ce sont autant d’outils et services TIC dont les entreprises ne peuvent plus se passer, en l’occurrence les entreprises telles que: les banques, les compagnies d'assurances, les agences de voyages, les hôpitaux, des ONG, les entreprises d'Etat et bien d’autres.
I/PME : On remarque plus en Occident qu’en Afrique une certaine tendance à l’usage de Internet comme outil de commerce. Pensez vous que les entreprises qui ont commencé la chose en Afrique font partie de ce qui ont compris l’importance des TIC? Sinon, quels autres conseils avez-vous partagé avec nous ? A/B: Je le pense sincèrement et j’estime que le jour où, comme dans les pays occidentaux l’Internet ne sera plus vu comme un luxe et que le matériel informatique, le coût de la connexion seront abordables dans les pays d’Afrique, les chiffres d’affaires des entreprises africaines aussi se décupleront, j’en suis certain! Le jour où l'Internet, l'ordinateur et toute leurs composantes deviendront gratuits ou presque, vous verrez que le commerce électronique va s'imposer de lui même. Et c'est n’est qu’une question de temps.